Enfant unique, enfant roi ?

Bonjour à tous,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour mon absence. Le mois dernier à été chargé : partiels, déménagement … Aujourd’hui, je vous propose un article au sujet de mon expérience d’enfant unique. Beaucoup de parents ou futurs parents s’inquiètent de voir grandir leur enfant seul. Cette crainte est naturelle mais qui de mieux placé pour vous répondre qu’une enfant unique ? Sachez que je ne prétends pas connaitre le ressenti de tous les enfants uniques car chaque enfant a un vécu singulier, qui lui est propre. Peut-être que certains d’entre vous se retrouveront dans mon histoire ?

EST-CE QU’ON S’ENNUIE ?

Cette question m’est fréquemment posée. Comme tous les enfants, que vous soyez enfant unique ou pas, il arrive que l’on s’ennuie. L’ennui n’est peut-être pas aussi présent lorsque l’on a des frères et sœurs mais il est tout de même présent.

– C’est à ce moment que la Psychomotricienne s’exprime – Par ailleurs, l’ennui n’est pas négatif. Au contraire, il permet à l’enfant de développer son imagination et son jeu symbolique. Ce sont des moments vertueux. L’enfant apprend à être seul et à se débrouiller par lui-même. A travers ses diverses expériences en solitaire, l’enfant grandit et mûrit.

Quand je visualise mon enfance, il ne me semble pas avoir souffert de l’ennui. A l’inverse, je garde de bons souvenirs des moments passés seule où je créais tout un tas d’objets tout droit sortis de mon imagination : un PC en papier, un bateau, un appareil photo… Déjà très branchée technologie !

EST-ON PLUS MURS QUE LES AUTRES ENFANTS ?

La maturité dépend de très nombreux facteurs : l’environnement familial, le style éducatif etc. Pour ma part, je pense avoir mûri plus vite que les autres enfants mais la raison ne réside pas dans le fait d’être enfant unique. J’ai mûri plus vite car ma mère travaillait et continue à travailler beaucoup pour m’élever dans les meilleures conditions. Ainsi, j’ai eu une plus grande responsabilité et j’ai été confrontée plus vite à effectuer des tâches d’adultes : faire les courses, préparer le dîner… Avec le recul, je me rends compte que le plus dur a été de veiller sur moi-même quand j’étais seule. A certains moments, ne pouvoir compter que sur soi-même, vous permet de mûrir et d’être autonome. Vous intériorisez plus rapidement les règles et normes que l’on vous impose car vous savez qu’elles sont là pour votre bien et qu’il n’y a personne pour vous repêcher.

LES COPAINS/COPINES D’ÉCOLE REMPLACENT-ILS DES FRÈRES/SŒURS ?

Si vous avez compris que j’ai beaucoup de frères et de sœurs, je vous conseille de relire le début de l’article !

Concernant cette question, je peux uniquement vous donner mon avis. Celui-ci est partagé. D’un côté, je pense que des amis ne peuvent pas remplacer une fratrie car avec vos frères et sœurs, vous avez partagé des relations familiales uniques pendant plusieurs années alors que vous étiez en plein développement émotionnel et affectif. Cependant, il arrive que pour X ou Y raisons, des frères et sœurs fassent leur vie chacun de leur côté et ne se revoient plus. Dans ce cas, les amis peuvent il remplacer une fratrie ?

ENFANT UNIQUE, ENFANT POURRI GÂTÉ ?

Je ne vais pas vous mentir, j’ai été très gâtée et je continue à l’être. C’est pourquoi, je supporte très mal l’attente et la frustration. Je suis très impulsive et je veux toujours tout dans la minute. Forcément, il est plus facile de gâter son enfant lorsque vous n’en avez qu’un… Ce n’est pas pour autant qu’un enfant unique devient un adulte égoïste. Emmanuelle Rigon, psychologue clinicienne, écrit  » Là encore, l’éducation joue beaucoup. Mais en général, n’ayant pas souvent de choses à partager, ils sont plutôt avides de le faire. Et puis ils ne subissent pas d’attaque à l’intérieur de la famille, donc ils n’ont pas l’habitude de se battre pour leur territoire. »

Ainsi, n’avoir pas de frère ni de sœur ne doit pas être considéré comme un manque, c’est plutôt une façon d’être et une façon de vivre. Chaque famille a ses particularités, elles ne sont pas pour autant de « mauvaises » familles.  N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire.

Je vous embrasse,

Marie B.

Mon adoption

Bonsoir à tous,

Pour mon premier article, je souhaite vous parler d’un sujet qui me tient beaucoup à cœur : mon adoption. Beaucoup d’entre vous ne le savent pas, car je ne le crie pas sur tous les toits, mais j’ai été adoptée. Je suis sûre que vous connaissez tous au moins une personne dans votre entourage qui a été adoptée !

Ce soir, j’écris cet article pour vous raconter ma vision de l’adoption et mon ressenti. Lorsque les médias traitent de l’adoption, il est rare que cela soit pour ses aspects positifs. Il faut admettre que certaines adoptions sont plus difficiles que d’autres mais dans la majorité des cas, l’adoption se passe bien et l’enfant est épanoui.

L’adoption est un sujet qui peut susciter une vive curiosité et beaucoup d’interrogations. Si je n’ai pas répondu à toutes vos questions, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

POURQUOI ADOPTER ?

Certains choisissent librement d’adopter un enfant. Pour d’autres, le choix vient de l’impossibilité à concevoir un enfant biologiquement. Pour ma mère, l’adoption a été à la fois un choix et une solution. Cela a été un choix car elle n’a jamais rencontré le prince charmant qui aurait pu être un bon père pour ses enfants. A 40 ans, l’horloge biologique tourne, elle a donc décidé d’adopter et élever seule un enfant. Vous connaissez l’adage « mieux vaut être seule que mal accompagnée ». Ma mère est une femme très forte et courageuse, je l’admire beaucoup ! De plus, quelques années auparavant, ma mère a subi une hystérectomie.

Selon ses dires, lorsque ma mère m’a prise dans ses bras pour la première fois, elle s’est tout de suite sentie mère. Dans l’adoption, le désir d’avoir un enfant est mis à rudes épreuves notamment à cause des démarches administratives interminables et très éprouvantes psychiquement. Ma mère ne m’a pas désirée pendant neuf mois mais pendant deux longues années !

OÚ AS-TU ÉTÉ ADOPTÉE ? Á QUEL ÂGE ?

J’ai été adoptée à Hué au Vietnam, à l’âge d’un mois. Il y a 20/30 ans, beaucoup d’enfants ont été adoptés au Vietnam car à l’époque, le pays était assez ouvert à l’adoption.

 

QUAND AS-TU APPRIS QUE TU ÉTAIS ADOPTÉE ?

Je n’ai jamais « appris » que j’avais été adoptée, je l’ai toujours su. Ma mère a toujours été honnête et franche avec moi par rapport à mon adoption. A la maison, le sujet n’est pas un tabou. Au contraire, ma mère est toujours à l’écoute et disponible pour répondre à mes questions.

Encore aujourd’hui, je peux avoir des questions soudaines comme : « si tu avais adopté un autre enfant, l’aurais-tu aimé autant que moi ? ». Tous les enfants qu’ils soient adoptés ou non se posent des questions sur leur naissance.

CHERCHES-TU Á RETROUVER TES PARENTS ?

Le contexte de mon adoption est un peu particulière. Avant d’être adoptée, j’ai été abandonnée devant une crèche au Vietnam. Il n’y a donc aucun moyen de retrouver mes parents biologiques.

Contrairement à certains enfants adoptés, je n’ai jamais cherché à retrouver mes parents biologiques. Peut-être parce que je savais que cela n’était pas possible ? Même si retrouver mes parents biologiques avait été possible, je ne pense pas que je l’aurais fait. Tout d’abord, je n’ai vécu qu’un mois au Vietnam et avant 3 ans, nous n’avons pas de souvenir. De plus, mon identité est celle que je me suis construite depuis que j’ai été adoptée par ma mère et que je vis en France. J’ai été élevée dans l’amour et la chaleur, à aucun moment je n’ai ressenti le besoin d’avoir d’autres parents que ma mère adoptive. D’ailleurs, cela me fait bizarre d’écrire « mère adoptive » car c’est ma mère, la seule et l’unique !

AS-TU EU LA SENSATION D’ÊTRE DIFFÉRENTE QUAND TU ÉTAIS PETITE  ?

Oui, j’ai eu la sensation d’être différente. Déjà, je ne ressemblais physiquement à aucun autre enfant mais quand on est enfants, on ne se préoccupe pas ou peu de l’apparence. On regarde ses parents, on les admire, on s’identifie à eux et on s’imagine vieillir de la même façon. Par exemple, à chaque fois que je me regardais dans le miroir, j’étais surprise car inconsciemment je m’attendais à ressembler à ma mère quand elle était enfant.

Aussi, je me sentais différente car j’étais l’une des rares enfants de mon école à avoir été adoptée. En plus, je n’avais qu’un seul parent, ma mère, alors que tous les autres enfants avaient un papa ET une maman. Vous savez, les enfants peuvent être très méchants entre eux et j’ai des souvenirs des autres enfants qui se moquaient de moi. Ce n’est pas mon adoption qui pourrait être traumatisante mais plutôt la réaction des autres.

COMMENT AS-TU VÉCU LE FAIT D’AVOIR UNE MÈRE PLUS ÂGÉE ?

Comme je vous l’ai dit, ma mère avait 43 ans quand elle m’a adoptée. Quand on est enfant, on ne s’interroge pas sur l’âge de ses parents par rapport aux autres.

A l’adolescence, on se cherche et on cherche à se faire une place dans le monde des adultes. On se questionne et on essaie de trouver des réponses en observant les autres. Par conséquent, on se compare en étant persuadés que les pratiques et comportements d’autrui sont la norme. C’est à l’adolescence, que j’ai pris conscience que ma mère était « plus âgée » que certaines mères de mes amis.

Ma première réaction a été d’éprouver de la peur. J’ai eu peur de la perdre et de ne pas pouvoir en profiter assez longtemps. J’ai eu peur de perdre ma maman avant d’avoir 18 ans, j’ai eu peur qu’elle puisse avoir une maladie grave etc. Pour agir contre cette peur, j’ai adopté, c’est le cas de le dire, une attitude de surprotection envers ma mère. Je faisais attention et veillais sur elle comme si elle était mon propre enfant. Les rôles s’étaient inversés… Avec le temps et une thérapie, ma peur a diminué et nos rôles sont redevenus celui d’une mère et sa fille. Dans un autre article, je vous parlerai de notre relation fusionnelle.

Aujourd’hui encore, j’ai peur de perdre ma maman pourtant je suis devenue une adulte. Mais face à elle, je resterai toujours une éternelle enfant avec cette peur qu’elle parte trop tôt. Peu importe l’âge, on a toujours besoin de ses parents … N’est ce pas ?

QUE PENSES-TU DE TON ADOPTION ?

Mon adoption a été mon plus beau cadeau. Grâce à cela, j’ai une qualité de vie que je n’aurais surement pas eu si j’étais restée au Vietnam. J’ai été adoptée par une mère aimante qui m’a élevé dans l’amour et avec beaucoup de tendresse. Elle m’a inculqué des valeurs profondément humaines, empreintes de respect et de bienveillance.

Je n’en veux pas à ma mère biologique de m’avoir abandonné. Mon abandon n’a surement pas été facile et je respecte ses raisons malgré le fait que je ne les connaisse pas. Cette femme m’a donnée la vie, elle m’a permis de rencontrer ma mère. Cela peut paraître paradoxal mais je lui en suis très reconnaissante.

Voilà comment ma vie a commencé. J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me donner votre avis.

Je vous embrasse,

Marie B.